Le baume de Lourdes - Photographie et texte manuscrit, 21x29cm- Avril 2019

Le baume de Lourdes - Photography and handwritten text, 21x29cm- April 2019

Que dire lorsque l'image ne suffit plus à remettre sur le devant de la scène intelligible la distance de l'épreuve du passé? L'âme (et son fonctionnement) se traine, crée un délai insupportable, un lag informatique empêchant le bon déroulé de l'ensemble. Cet espace invisible, intervalle de temps entre deux temps - celui du passé et celui du présent - ne se rattrape qu'à partir du mensonge. 
C'est le parti pris de l'artiste qui, en désirant ardemment rattraper le temps passé loin de ses proches, a délibérément procédé à une appropriation du matériau disponible à lui : une photographie de sa grand-mère qui ne lui était pas destinée. Ce cliché datant de 1993, pris à Dax, ville fréquentée pour ses cures thermales, présente plusieurs éléments lui rappelant une éventuelle et hypothétique présence de sa part dans le bac à sable dans la partie inférieure droite du cadre.
Ludovic Coutinho a souhaité s'immiscer dans ce souvenir, à travers un texte bref et réflexif. Il y inscrit la dépossession de son souvenir par le biais de l'objet "brouette", lui apparaissant comme un moyen sain de rattrapage, tout en évoluant vers un déséquilibre mémoriel il y opère également une falsification instantanée de sa mémoire individuelle. 
What can be said when the image is no longer enough to bring the distance of the past test back to the forefront  of the intelligible stage? The soul (and its functioning) drags itself, creates an unbearable delay, a computer lag  preventing the good progress of the whole. This invisible space, the time interval between two times - that of the  past and that of the present - can only be made up for by lying. 
It is the artist's bias which, by ardently wishing to make up for the time spent away from his loved ones,  deliberately appropriated the material available to him: a photograph of his grandmother which was not intended  for him. This 1993 photograph, taken in Dax, a city frequented for its thermal cures, presents several elements  reminding him of a possible and hypothetical presence on his part in the sandbox in the lower right part of the  frame. 
Ludovic Coutinho wanted to interfere in this memory, through a brief and reflective text. He writes in it the  dispossession of his memory through the "wheelbarrow" object, appearing to him as a healthy means of catching up, while evolving towards a memory imbalance he also makes an instant falsification of his individual memory.

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